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OUVERTURES

Une collection inaugurale

« Ouverture » est la première collection de meubles signée par Marc Loustalot. Raffinée, pure, aérienne, conçue comme une évidence, elle fait autant appel à la nature qu’à la culture. Des lignes, se dégagent des émotions, spontanément ; les matières, nobles et naturelles, évoquent, seulement. On ressent, on ne pense pas. Il n’y a rien à comprendre. Chaque élément suggère une subtile contradiction, entre la maîtrise absolue et le « lâcher prise » contenu. Cavités, perforations, lézardes, légers déséquilibres, ces objets de facture classique sont victimes de la transgression délicate pratiquée par leur créateur, comme un abandon de sa propre culture, un affront à sa propre éducation.

Mais avec la table « Ouvertures #18 », Marc Loustalot a également décidé de se jouer des inhibitions de chacun et des convenances de tous. D’adresser un clin d’œil amusé au vivre ensemble de bon aloi. Des trous ont été percés sur le plateau, destinés à accueillir des verres dessinés à cet usage. Seulement voilà : ces trous, disposés en apparence de manière aléatoire, dérangent l’ordonnancement traditionnel de la table. La fonction originelle de la table s’en trouve bousculée, enrichie. Un nouveau rapport entre les convives naît d’un nouveau rapport à l’objet. Ainsi, installés autour de cette table, devront t-ils entrer en contact. Hésitations, frôlements, sourires ; les regards se croisent, la conversation prend corps, le lien se tisse. L’objet inanimé est devenu créateur de lien.

Faire vibrer la mémoire enfouie de l’être

Et si la fonction essentielle de l’objet était de s’adresser à l’homme primitif qui est en soi ? L’être primal. Que l’esthétique agisse sur le nerf plutôt que sur le cerveau, sur les sens plutôt que sur l’intelligence. Que la courbe apaise, que l’arête irrite. Lorsqu’on s’adresse au nerf, on fait ressurgir l’humain débarrassé de sa culture. L’humain pur, nature, nu. On agit sur l’essence : les sens. Les sens représentent la première forme primitive de l’intelligence. Une intelligence en gestation. Le toucher est sans doute le sens le moins cérébral. Lorsqu’on touche de la matière, on ressent ce que l’homme primitif a ressenti. La mémoire ancestrale de la moelle épinière. Et au delà de sa fonction, l’objet est avant tout une forme et de la matière, révélées par la lumière.

L’objet n’est finalement jamais figuratif. Il n’est que ce qu’il est. Si l’acte du designer peut prendre la forme d’une démarche cérébrale, cela peut être pour atteindre la simplification extrême de l’émotion brute, comme une peinture abstraite ou cubiste qui se dirigerait vers la perte du sens. Maîtriser pour faire émerger le spontané. Devenir soi-même.

Créer du lien avec les objets du quotidien

Les objets usuels servent un ou plusieurs besoins définis et connus. Revisités mille et une fois, ils continuent d’exercer leur fonction. Car une assiette reste une assiette qui remplit sa fonction d’assiette ; qu’ajouter ? Justement : détourner l’assiette de son emploi habituel ; ou mieux, lui offrir quelque chose de plus, quelque chose d’utile, de ludique, de drôle ou d’émouvant. Pour que cette assiette soit perçue par son utilisateur comme une assiette, mais pas seulement. Quelque chose de différent, qui modifie imperceptiblement sa relation au quotidien. C’est là que réside l’exploit du designer.

Et pourquoi ne pas créer du lien ? Faire naître une interaction entre des humains par la médiation de la matière ou de la forme, par la création d’une « utilité décalée ».

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